Dans cet épisode, je vais vous expliquer pourquoi écouter ses envies alimentaires est important pour apprendre à manger en conscience, et vous proposer un exercice à ce sujet.

Avant de commencer, disclaimer ! Je vais vous proposer un exercice qui va sûrement vous paraître à l’encontre des conseils des nutritionnistes, du « ne mange pas trop gras trop sucré », etc. Si vous avez peur de grossir avec cet exercice ou de perdre le contrôle : c’est normal ! Voyez cela comme les fêtes de fin d’année : ces quelques repas n’auront pas d’incidence sur votre poids, votre corps se régulera tout seul une fois revenu à la normale. Néanmoins, cet exercice est important dans la démarche de paix avec la nourriture, je vais vous expliquer pourquoi tout de suite. En attendant, faites-moi confiance : cet exercice fonctionne et vous aidera beaucoup, même s’il vous paraîtra contre-intuitif de prime abord.

Pourquoi écouter ses envies alimentaires

Le docteur Zermati, pionnier de l’alimentation consciente, le dit : « Ce qui fait disparaître le désir (effréné d’une nourriture particulière, par exemple quand notre cerveau bloque sur une pizza pendant toute la journée), c’est le plaisir. »

En effet, manger avec plaisir, en savourant, permet la libération de dopamine. Le cerveau va ainsi comprendre que l’on est en train de manger, bien plus vite que si on avale sans plaisir. Cela influera sur nos sensations de faim et de satiété, ainsi que sur l’assimilation des nutriments du repas !

L’exercice pour écouter ses envies

Je vous propose l’exercice suivant pour observer vos envies alimentaires.

On commence par attendre d’avoir faim.

  • Vous avez faim. En dessous de 5 d’après votre échelle de la faim. Parfait. Attendez un peu.
  • Toujours faim ? Super, on passe à la suite.

Demandez-vous ce que vous voudriez, là, tout de suite, si je pouvais vous préparer n’importe quel plat de la terre. Prenez votre carnet (vous pouvez commencer par la fin et réserver le début à vos observations de faim et de satiété).

  • Vous savez ce que vous voulez ? Parfait ! Vous avez la possibilité de le préparer ou de l’acheter ? Alors faites-le. Sinon, restez avec moi !
  • Vous savez ce que vous voulez mais il vous manque des ingrédients ou le resto qui le prépare est super loin : je vous conseille d’y aller. Essayez, juste une fois, peut être pas aujourd’hui, mais dans le mois prochain, même si c’est compliqué, de pour une fois écouter vos envies au moment où vous avez faim. Bon, à défaut, demandez-vous « et si j’enlevais ça ? » (pâtes à la truffe : enlever la truffe – ok ?) ou « et si je remplaçais tel ingrédient par celui-ci », et voyez ce que ça vous évoque. Oui ? Non ? Normalement trouverez-vous une solution ! ( àmon exemple avec le burger frites /pas de friteuse / uber)
  • Si vous avez trouvé, mais le resto qui le prépare est vraiment très très loin, ou l’ingrédient est rare. Attention, cela peut être une forme de déculpabilisation : je veux ça, mais c’est introuvable, du coup je compense en mangeant n’importe quoi. Essayez d’écrire dans votre carnet : je veux ça parce que …

  • Vous ne savez pas ce que vous voulez. Pas du tout. Voici comment vous pouvez y réfléchir. Toujours avec votre carnet, c’est souvent plus simple qu’y réfléchir dans sa tête. Mais mentalement ça marche aussi !
  • Quel goût ? le goût d’un aliment particulier ? du sucré, du salé, acide, épicé ?
  • Quelle température ? chaud, froid, entre les deux ?
  • Quelle texture ? liquide, solide, purée, moelleux, croquant, consistant ?
  • Quelle forme ? Gros dans lequel mordre, ou de petites bouchées ?

Si vous n’avez toujours rien trouvé, ouvrez votre frigo ou allez au restaurant le plus proche, ça vous donnera peut-être des idées. Ou si vous êtes au travail et que vous avez apporté votre gamelle, demandez-vous si cela vous convient. Je vous recommande d’écrire à nouveau : que contient votre gamelle ? avez-vous envie de le manger ? que vous évoque son contenu, visuellement, olfactivement ?

Manger en conscience

Vous avez fini par trouver, et vous voilà, face à la nourriture. Hourra ! vous savez ce que vous voulez et vous allez le manger. Voici quelques conseils avant de commencer : installez-vous confortablement, assis à table (pas sur le canapé, ou au bureau sauf si vous n’avez pas le choix, et évitez les transports et la voiture). Si vous êtes chez vous, mettez une nappe ou improvisez-en une. Tenez vous bien droit, inspirez, et mangez en conscience comme je le préconise dans l’épisode 3, en observant (faim / nourriture / 1ere bouchée / autres bouchées / satiété)

Puis reprenez le carnet et notez comment vous vous sentez après avoir mangé ce que vous vouliez. Parfois l’expérience est plus ou moins réussie surtout si on vient de faire toute une période de privations : notez-le quand même, et réessayez une prochaine fois.

Si vous le pouvez, je vous conseille vivement de faire l’expérience sur une semaine ou plus. Chaque repas (ou alors chaque déjeuner), posez-vous la question « qu’est ce que je veux manger », et allez préparer ou acheter la nourriture en question.

  • Personnellement ça a duré un mois ! tous les midis, je me posais la question. Puis j’allais dans le resto en question ou le magasin, achetais, m’asseyais au resto ou chez moi au calme, avec mon carnet à côté de moi. C’était fantastique ! J’ai fait des découvertes, des goûts que je pensais aimer qui finalement me décevaient, l’effet inverse … c’était génial. (gros burger à côté du livre oser avoir faim)

Si vous n’avez pas les moyens, je vous recommande quand même d’essayer, sur une période courte par exemple (4 repas d’affilée …) et vous verrez, les premiers repas vous aurez peut être des envies particulières, mais après on a envie de choses très banales, du riz, des pommes de terre pour ma part

Si vous avez peur de prendre du poids avec cet exercice : nous reparlerons du poids et des régimes plus tard. Disons que cela a fait partie de mon processus de paix avec la nourriture et que j’ai perdu du poids à terme, mais que cette étape m’a beaucoup aidée à m’écouter et être consciente de mes envies.

Vous verrez, les moments « je sais pas », seront de plus en plus nombreux et aujourd’hui je me contente souvent de ma gamelle.