Si vous avez suivi l’épisode précédent, vous avez peut-être l’impression d’avoir tout le temps envie de gras et de sucré. C’est tout à fait normal, et je vais vous expliquer pourquoi vous avez ces envies et comment les comprendre et les apaiser.

J’ai tout le temps envie de gras et de sucré !

C’est normal ! Nous sommes programmés pour aimer ce genre d’aliment.

Dans le livre Sapiens, Yuval Noah Harari explique que notre cerveau est programmé pour préférer les aliments plus énergétiques, car ils favorisent notre survie, en particulier le sucre ! Un homo sapiens mangeant des végétaux avait moins de chance qu’un homo sapiens mangeant du gras (graines) et du sucre, c’est ainsi que nous avons évolué. Ces envies de gras et de sucré ne doivent donc pas nous faire paniquer, elles sont totalement normales !

Se faire plaisir

Le docteur Zermati, dans une interview sur le site du GROS (lien en fin d’article), dit : « si vous avez envie de chocolat et que vous mangez des yaourts, l’envie ne va pas disparaître. Ce qui fait disparaître le désir, c’est le plaisir. »

On en a parlé dans l’épisode précédent : manger avec plaisir, c’est manger en conscience. Notre cerveau réalise que l’on est en train de manger. Si l’on a envie de chocolat et mange avec plaisir un peu de gâteau au chocolat, il n’y a pas de risque que notre cerveau nous pollue toute la journée avec des pensées de chocolat !

Donc si on mange un plat qui n’a rien à voir …

Le plaisir doit être intégral ! il ne doit pas être pollué par la peur de grossir, la culpabilité … cela aide à être bien conscient.e et ne pas être dans la restriction cognitive (on en parlera plus tard)

L’idée est que notre cerveau intègre que l’on ne vit plus dans la frustration ! cela peut être long, plusieurs semaines pour moi. Après des années de régimes et d’aliments interdits, c’est normal !

Ai-je vraiment envie de gras, de sucré, de cet aliment ?

Si vous n’êtes pas sûr d’en avoir vraiment envie, la meilleure méthode est encore de poser les questions de l’épisode précédent :

–             Quel goût ? le goût d’un aliment particulier ? du sucré, du salé, acide, épicé ?

–             Quelle température ? chaud, froid, entre les deux ?

–             Quelle texture ? liquide, solide, purée, moelleux, croquant, consistant ?

–             Quelle forme ? Gros dans lequel mordre, ou de petites bouchées ?

A nouveau, le carnet peut aider ! n’hésitez pas à y noter vos états d’âme, vos envies. Et surtout, si vous avez envie de quelque chose depuis que votre estomac gargouille, mangez le. En conscience, mais mangez le. Le but de la démarche est justement d’arrêter la frustration : dans le doute, vous serez sûr de ne pas être frustré !

Si vous avez envie de gras, sucré … et ressentez de la culpabilité après. Je consacrerai un épisode entier à la culpabilité. En attendant, je ne peux que vous dire : vous aviez envie de quelque chose et vous l’avez mangé. Votre corps avait faim et vous l’avez nourri. C’est comme si vous aviez bu lorsque vous avez soif : rien de mal à ça !

L’exercice de l’aliment interdit.

La prochaine fois que vous faites les courses, achetez un aliment que vous vous interdisez absolument, celui dont vous rêvez souvent sans le manger. Une fois chez vous, rangez-le et attendez d’avoir faim. Si vous avez faim tout de suite, attendez un peu pour être sûre que vous avez vraiment faim et que ce n’est pas votre cerveau qui a très envie de l’aliment ! La prochaine fois que vous avez faim, si vous avez envie de l’aliment en question, mais vraiment envie, pas parce qu’il est dans votre placard, ou à la prochaine fois que vous ne savez pas ce que vous voulez, mangez-le.

En conscience comme dans l’épisode 3 : assis, à table, mettez la table (nappe si possible), une assiette même si l’aliment en question est un chocolat (j’avais acheté des Kinder Pingui, j’ai mis mon plus beau set de table ! )

Observez vous après l’expérience. Comment vous sentez vous ? Avez-vous pris 5 kg d’un coup ? la terre s’est-elle arrêtée de tourner ? Et surtout … cet aliment est-il si bon que ça ? Si vous avez passé des heures à y penser, surtout ne le regrettez pas, ce qui est passé est passé. Pensez y simplement la prochaine fois que vous en aurez envie.

Le docteur Zermati dans ses livres, ainsi que dans son interview sur le site du GROS, conseille de consacrer un repas à manger uniquement du chocolat si vous rêvez de chocolat en permanence. Vous pouvez le faire avec du chocolat, ou tout autre aliment calorique ou que vous vous interdisez (sauf en cas d’allergie bien sûr).

  • Quand je vais au resto et que je vois les frites et qu’elles me font envie. Si je prends une salade, mon mental va être saturé d’images de frites, de leur goût, leur textures … toutes mes cellules vont me dire de piquer une frite à mon conjoint alors que je déteste faire ça. Puis, frustrée, je vais sûrement prendre un dessert. Qui ne me satisfaira pas puisque je veux des frites. Puis, plus tard, je vais peut être grignoter autre chose … tant que je ne mange pas de frites, je serai frustrée !

 

Se débarrasser des envies de gras et des aliments « doudou »

L’exercice précédent vous aidera à ne pas rêver d’aliments que vous vous êtes toujours refusé. N’hésitez pas à le refaire avec d’autres aliments !

Une fois que j’ai mangé des kinder pingui pour la première fois depuis des années, j’ai constaté que ce n’était pas terrible ! je n’en ai plus jamais eu envie par la suite.

Manger en pleine conscience risque aussi de vous apporter des surprises lorsqu’il s’agira de vos aliments doudou ou de vos grands classiques. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de manger en pleine conscience comme dans l’épisode 3. Parfois, on se rend compte que cet aliment dont on pense ne pas pouvoir se passer … n’est pas si génial que ça !

  • J’ai toujours adoré le combo burger-frites-bière. Quand j’en ai pris au resto et dégusté en pleine conscience, surprise : j’ai constaté que je n’aimais pas la bière ambrée ! elle était amère, avec un goût très fort… bref quelque chose que je consommais depuis des années m’a apparu tout d’un coup bien banal.
  • Les envies du mental, on en a aussi envie quand on n’a pas faim.