Avec la méditation pleine conscience (voir épisode 9), vous allez commencer à observer votre esprit, être plus conscient et réaliser à quel point vous baignez dans les pensées négatives à longueur de journée. Pas de panique, c’est normal ! Dans cet épisode, on va voir comment trouver la source de nos pensées négatives et ainsi arrêter de manger ses émotions en appliquant le modèle enseigné par Brooke Castillo dans son podcast « The Life School Podcast ».

Le modèle de Brooke Castillo

Des milliers de pensées traversent notre esprit chaque jour. Forcément, si rien que la moitié est plutôt négative, cela fait beaucoup. En fait, c’est comme si une voix vous répétait en permanence que vous êtes nul, sans volonté, etc.

Changer ses pensées peut paraître difficile : elles sont si nombreuses ! Pourtant, c’est primordial. Si on reprend le modèle de Brooke Castillo, les émotions causent les pensées qui causent les actions. Donc si l’on fait régime, on essaie de faire l’action (manger sainement) alors qu’on est envahi de pensées négatives, dévalorisantes : « je suis grosse, je n’ai pas de volonté », etc.

nutella vegan

Quand vous voyez du Nutella, pensez-vous « je suis nulle, je vais craquer », « super, du Nutella », ou « je m’en fiche » ?

On aura toujours ces pensées, même de manière inconsciente, en faisant régime. Le seul moyen de les changer, c’est de changer les émotions qui les créent. En faisant régime, on combat nos émotions au lieu de les changer.

Comprendre l’émotion à la source de la compulsion permet de changer. C’est ce que nous allons voir dans ce chapitre.

 

Comprendre notre habitude avec le modèle de Brooke Castillo

Une habitude est une réponse automatique, activée pour atteindre un objectif. Notre cerveau consomme 20% de notre énergie et il cherche sans cesse à économiser de l’énergie, d’où les habitudes !

Nous avons parlé du modèle de Brooke Castillo au chapitre précédent :

Circonstance

–> Pensée

–> Emotion

–> Action

Dans le cas d’une compulsion alimentaire, on peut l’affiner ainsi :

Circonstance : un événement extérieur a lieu et je le perçois (il y a des croissants dans la vitrine de la boulangerie)

–> Pensée : Je vais avoir une pensée négative sur moi-même ou liée à l’envie de l’aliment (par exemple : j’ai vu des gâteaux et je les veux, ou encore : je n’ai pas de volonté)

–> Emotion : Une émotion en découle (de la frustration, de la colère, etc.). Je ressens que cela irait mieux si j’achetais un croissant.

–> Action : Je vais acheter un croissant.

Manger ses émotions ou … juste répéter une habitude ?

Imaginez maintenant que vous n’avez aucune mémoire. Pourquoi les croissants causeraient-ils une émotion négative chez moi alors que je n’ai pas faim ? Sentirais-je que cela irait mieux si j’achetais un croissant ? À votre avis ? Non, n’est-ce pas ? Ce n’est pas notre mémoire qui est à la source de ce modèle, ce sont nos expériences passées.

Hé oui ! Sans elles, le modèle ne tient pas du tout la route. C’est dans notre passé que nous avons appliqué ce modèle une première fois : nous avons réalisé que manger apaisait une émotion négative, comblait un besoin. Pour de nombreux auditeur.rice.s du podcast, cette habitude remonte à l’enfance, ou à une expérience traumatisante.

À ce moment-là, nous avons instauré une habitude : celle de manger. Et à nouveau, voici pourquoi je préfère parler de foodfighting : pour moi, manger était une habitude.

Je me suis d’ailleurs longtemps demandé si j’étais bien sujette à la nourriture émotionnelle, car en mangeant, je ne ressentais aucune émotion particulière. Un jour, au travail, je me suis observée : ma main prenait toute seule la direction du tiroir à gâteaux sans que j’en aie conscience !

De même, il me semblait que la nourriture émotionnelle, c’était manger sans faim. Or, certaines personnes ne font pas de compulsions alimentaires, mais vivent dans un brouhaha mental perpétuel, ressassent ce qu’elles ont mangé, se pèsent en permanence … L’habitude, à nouveau, a été de créer un contrôle sur son alimentation, mais on reste dans le cadre du foodfighting.

 

Créer le chemin dans notre tête pour se libérer

Quand on a instauré une habitude, notre cerveau l’automatise. Il a créé un lien direct entre la circonstance et l’action. Toutes les fois où on a fait du foodfighting, on a renforcé ce raccourci dans notre tête, que j’aime appeler « la voie rapide ». L’habitude s’est ancrée en nous.

Mais manger en conscience, observer ses sensations … et plus généralement toutes les fois où vous choisirez de ne pas emprunter la voie rapide, vous créerez un autre chemin dans votre cerveau. Alors, oui, c’est à peine un chemin praticable à ce stade, il y a encore des cailloux partout sur la route … mais c’est possible. Chaque repas en conscience, chaque note dans votre carnet, chaque fois que vous choisirez de ne pas répéter votre habitude renforcera le chemin, l’aplanira, l’améliorera. Et un jour, il sera aussi une voie rapide.

 

Tenir le journal de vos pensées et émotions

Il va vous falloir explorer vos pensées, vos émotions. Tenir un journal chaque matin aide beaucoup à ce sujet. Et vous allez voir débarquer vos souvenirs d’enfance, cogiter … quand j’ai entamé ma démarche, j’ai dû passer des soirées entières à explorer mon enfance avec mon conjoint ! Observez ce qui vous arrive, en douceur, et couchez les mots sur le papier lorsque cela devient compliqué à gérer. L’écriture a un pouvoir thérapeutique : en écrivant, on transpose son problème de la tête au papier.

Ces souvenirs d’enfance qui déferlent sont totalement normaux à partir du moment où vous explorez les émotions causant le foodfighting. Essayez simplement de ne pas leur consacrer trop d’énergie. Le passé est passé, la voie rapide est déjà là et vous ne pourrez pas la détruire. Construire le chemin, en revanche, est possible !

 

Exercice : observer le moment.

Prenez un carnet. Imaginez-vous en pleine compulsion alimentaire. Vous pouvez également faire l’exercice dans le cas du brouhaha mental.

  • Quel est l’élément déclencheur de la compulsion ?
  • Quelle est mon émotion ? Mon besoin ? Ma peur ?
  • Quelles pensées j’ai en ce moment-même? Pourquoi me poussent-elles à manger ?
  • Au moment où je mange, comment je me sens ?

C’est encore très flou ? C’est normal ! Dans les épisodes suivants, nous allons passer en revue différentes émotions, peurs et besoins pour vous aider à vous repérer.